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Ce que votre couverture santé fait, et ne fait pas, dès que vous passez l'Atlantique

Photo du rédacteur: Jean-Marc Pailhol
Jean-Marc Pailhol
8 oct.
3 min de lecture

En Europe, la carte européenne d'assurance maladie garantit une prise en charge quasi immédiate dans les hôpitaux publics. Aux États-Unis, il n'existe rien d'équivalent, et le voyageur français est exposé à la totalité des frais dès le premier dollar. Ce n'est pas un oubli des contrats, c'est un vide juridique que personne ne signale au moment de réserver.


Un vide juridique, pas une clause en petits caractères

Aucune convention bilatérale de sécurité sociale ne lie la France et les États-Unis. La carte Vitale et la carte européenne d'assurance maladie y sont totalement inopérantes. La complémentaire santé française, de son côté, ne rembourse qu'à hauteur des tarifs de la Sécurité sociale, lesquels ne s'appliquent tout simplement pas à un acte pratiqué dans un hôpital américain. Le résultat est brutal dans sa simplicité : sans contrat spécifique, la prise en charge est nulle et le coût pour le patient total.


L'ordre de grandeur

Les tarifs pratiqués aux États-Unis sont jusqu'à sept fois supérieurs aux tarifs français. Une consultation aux urgences se situe entre 300 et 500 dollars. Une nuit d'hospitalisation peut atteindre 15 000 dollars. Une appendicectomie, un acte pourtant bénin, est facturée entre 40 000 et 60 000 dollars selon l'établissement. Une crise cardiaque avec hospitalisation puis rapatriement sanitaire se chiffre entre 70 000 et 150 000 euros. Et encore quand tout se passe bien ! Il faut ajouter à cela une pratique qui déroute les patients français : les hôpitaux américains peuvent exiger une preuve de solvabilité ou une attestation d'assurance avant toute prise en charge, y compris en situation d'urgence.


La carte bancaire, et l'idée qu'elle suffit

Beaucoup de voyageurs partent en s'appuyant sur l'assurance de leur carte bancaire, sans en avoir jamais lu les plafonds. En moyenne, une MasterCard standard couvre les frais médicaux à hauteur de 11 000 euros, une American Express Green à 10 000 euros. Les cartes haut de gamme, Visa Premier, MasterCard Gold ou Visa Infinite, montent à 155 000 euros. Face à une hospitalisation lourde aux États-Unis, un assureur spécialisé considère qu'un plafond inférieur à 500 000 euros expose directement le patrimoine du voyageur. Les contrats d'assurance voyage à bas prix appellent la même prudence : exclusions pour les sports, maladies chroniques non déclarées, délais de carence, franchises élevées, ces clauses annulent la couverture au moment précis où elle devient nécessaire.


Assurance voyage et assurance santé internationale : deux objets distincts

Une assurance voyage couvre un déplacement d'agrément de courte durée, avec des plafonds, une durée maximale de séjour et une logique d'assistance. Dès que le séjour se prolonge, dès qu'une activité professionnelle s'y exerce, ou dès qu'il existe une résidence à l'étranger, le besoin bascule vers une couverture santé internationale, qui obéit à d'autres règles et à d'autres montants. Cette bascule ne se signale nulle part. Elle se constate au moment du refus de prise en charge.


Ce qu'il faut vérifier avant de réserver

Chercher dans les conditions de sa carte bancaire le plafond exact des frais médicaux et la durée maximale de séjour couverte, qui est souvent de 90 jours. Vérifier si le rapatriement sanitaire est garanti aux frais réels ou plafonné. Regarder si la responsabilité civile à l'étranger est incluse, et à quel niveau. Contrôler la liste des sports exclus, qui couvre bien plus que les sports extrêmes. Et se poser la question pour chaque membre de la famille, y compris les enfants majeurs qui partent seuls et les parents qui voyagent de leur côté. Au vu de ces éléments, le choix de la bonne couverture s’impose : paiement par carte, assurance voyage ou assurance santé internationale. La tranquillité d’esprit pour soi et sa famille est finalement à un coût supplémentaire limité quand on l’analyse.


 
 
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